Nature-Psyché, psychoécologie, unité, conscience, croissance, humaine, équitable, pérenne, nature intérieure-extérieure, lien homme-nature, loi de la vie, voie de l'arbre, féminin-nature, CG Jung

 

[PROJET]

 

NATURE ET PSYCHÉ

Vers une conscience éveillée et une croissance humaine équitable...

 

❧ RETISSER LES LIENS ENTRE LA NATURE, L'HOMME ET SA PSYCHÉ

❧ SUIVRE LA "VOIE DE L'ARBRE", LA VOIE NATURELLE

 

QUESTIONNER, EXPLORER, CHERCHER, COMMUNIQUER, TÉMOIGNER, TRANSMETTRE, ÉVEILLER...

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"La psyché n’est pas quelque chose de distinct de la nature vivante. Elle est l’aspect psychique de la nature vivante. Elle est même l’aspect psychique de la matière…" (CG Jung)

"Le conflit entre Nature et Esprit n'est que la traduction de l'essence paradoxale de l'âme: elle possède un aspect physique et un aspect spirituel qui ne paraissent se contredire que parce qu'en dernière analyse nous ne saisissons pas son essence." (CG Jung)

 

 

Homme et arbre éclairé par boules lumineuses

 

"La nature demande au pommier de porter des pommes et au poirier de porter des poires. La nature veut que je sois simplement un homme. Mais un homme conscient de ce que je suis et de ce que je fais." (CG Jung)

 

NATURE ET PSYCHÉ - PSYCHÉ ET NATURE

Comment recréer le lien rompu entre Nature et Psyché?

Les hommes semblent considérer la nature comme un objet d’investigation, de connaissance, d’analyse, d’exploitation… extérieure à eux. Comme s'ils avaient oublié ou niaient leur nature intérieure. Ils ne se sentent plus partie intégrante d’elle. Ils ne lui appartiennent plus, ne se perçoivent plus comme nés d'elle. Au contraire, c'est elle qui leur appartient et sur laquelle ils ont tout pouvoir de vie et de mort. 

C’est pourquoi il leur est aisé de la traiter comme ils le font: exploiter ses richesses, ses ressources, ses facultés, se nourrir d’elle avidement, abuser d’elle jusqu’à détruire ce qui la rend vivante, les animaux, végétaux, minéraux, éléments… Tout ce qui est nécessaire à leur bien-être, leur bien-vivre, leur confort, leur profit, leur progrès. Comme le perpètrent en général les maîtres absolus sur les esclaves destinés à les servir.

Si on leur répliquait qu’ils portent cette même nature en eux, ils éclateraient de rire en haussant les épaules. Et si on leur disait que la conscience est le fondement de toute évolution, en citant Rabelais:  

"Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.",

ils rétorqueraient: "Absurde! Quel concept périmé que celui de l’âme!  Nous sommes maîtres de la science et de la nature!"

On pourrait les questionner indéfiniment avant de trouver une réponse: ignorent-ils que la science ne peut exister sans la conscience? et que c’est bel et bien leur conscience - qui s'est développée au fil du temps - qui a permis à la science de naître?

Quant à la psyché, qu’est-ce donc pour eux? La jeune fille d’un conte mythologique, séduite et enlevée par le petit dieu Éros? Un vulgaire mythe?

Ils soutiendraient alors - en exaltant leur volonté, leurs capacités cérébrales, intellectuelles, et autres désirs de conquête - que le progrès est à ce prix: l’utilisation et l’exploitation des richesses de la nature. Que celle-ci leur a été offerte telle une prolifique esclave, de manière permanente et durable. Comme le mérite l’espèce dominante à laquelle ils appartiennent.

Et si l’on tentait de leur prouver qu’ils font partie de la nature en tant qu’espèce vivante, que leur sentiment de supériorité, leur avidité, leur soif de profit ne peuvent qu’appauvrir la source de vie à laquelle ils s’abreuvent, que tout progrès a un prix, exigeant de redonner ce que l’on a reçu, pour éviter d'épuiser irrémédiablement la richesse dilapidée, comme le soutenait déjà Ephrem Le Syriaque:

"Que la source apaise ta soif sans que ta soif apaise ta source. Si au contraire tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.",

ils s’écrieraient:

"Que racontes-tu, vieil imbécile! Vieil homme ignorant! Retourne dans l’antre obscur d’où tu es sorti en nous débitant ces insanités d’un autre temps. Nous ne voulons pas de tes propos de mort!"

Une voix calme et ferme s’élèverait alors pour s'exclamer: «Je suis peut-être mort à vos yeux, mais vous êtes voués à une destruction inexorable, car vous sectionnez une à une les branches qui vous soutiennent.»

"Quelles branches?", s’esclafferaient-ils avec mépris et morgue.

"Celles de l’arbre qui ne peut plus croître ni trouver d'équilibre à force d’être dépouillé de ses branches. L’arbre de vie."

À ceci, les hommes, après un silence, riposteraient:  "Il y a des millions d’arbres qui meurent, il suffit d’en replanter pour les remplacer. Que nous importe!"

Alors, la voix de l’ancien, du vieux sage ancestral, se tairait, expirant dans un murmure:

"Les arbres sont là pour créer le lien entre toutes les espèces vivantes, entre les éléments, la terre, l’eau, l’air, le ciel… l'homme y compris. C’est pourquoi on les trouve dans les histoires éternelles et mythologiques qui circulent parmi les hommes depuis l’aube des temps. Ils racontent l’histoire de la vie et de la psyché."

Mais nul d’entre les hommes n’a perçu ce murmure, couvert par le vacarme de leurs activités dédiées au progrès et au profit.

 

LA "VOIE DE L’ARBRE": DESTIN COMMUN À L'HOMME ET À L'UNIVERS

"Devenir conscient de son Soi, c’est permettre à l’univers de devenir conscient de lui-même", dit CG Jung

"Les moralistes (...) croient que le bel arbre de l'humanité ne prospère que grâce à l'élagage, au palissage et à l'installation d'espaliers, alors que le soleil, qui est le père, et la terre, qui est la mère, l'ont laissé croître librement à leur fantaisie, selon des lois profondes et pleines de sens." (CG Jung)

 

Homme dormant contre arbre

 

"Grise, cher ami, est toute théorie, et vert l'arbre d'or de la vie." (Goethe)

L’ARBRE est un puissant archétype: universel, primordial, fondamental. On le trouve partout, dans toutes les civilisations, à toutes les époques. Il représente la VIE et sa LOI immuable, la CROISSANCE, l’évolution, le cycle toujours renouvelé de la naissance/vie/mort.

Il est une figure universelle de L’HOMME. À la fois FÉMININ et MASCULIN, MATERNEL et PATERNEL.

FÉMININ, il est la fécondité inaltérable, le processus sans fin de l'éclosion, la matrice accueillante, protectrice et sécurisante... initiatrice aussi, où l'on fait l'expérience de la renaissance. 

MASCULIN, il est la force de l'enracinement par les racines mêlées à la terre dans un entrelacement infini, l'énergie indéfectible, la vigueur qui résiste aux éléments déchaînés, la robustesse des branches qui s'étendent perpétuellement, le don de la vie par le souffle de la respiration...

L'histoire mythologique de PHILÉMON ET BAUCIS le raconte avec une belle simplicité: 

Philémon et Baucis, très âgés, vivaient en paix dans leur demeure. Généreux et accueillants, ils ouvraient leur porte à l'étranger, à l'inconnu, au vagabond qui avait besoin d'un instant de paix et de sécurité. Un jour, Zeus voulut visiter ses "sujets" sur terre et tester leur facultés, particulièrement leur hospitalité et leur ouverture à l'autre. Accompagné d'Hermès, il se déguisa en simple mortel et frappa à mille portes. Partout, les dieux furent mal reçus: on les mit dehors et on les rejeta.

Partout, sauf à la porte de Philémon et Baucis: ceux-ci les accueillirent et leur donnèrent l'hospitalité avec la chaleur et l'humanité qui leur étaient coutumières.

Pour les récompenser, Zeus leur accorda l'immortalité sous la forme de deux arbres croissant éternellement, leurs branches entremêlées. Chêne et tilleul, ils vécurent ainsi, unis jusqu'à la fin des temps.

La VOIE DE L’ARBRE est celle dont chaque être humain s'inspire, sans en avoir conscience. Car l’arbre figure l’homme et l’homme figure l’arbre. L’arbre est le lien entre la terre et le ciel. De même que l’homme, dont la psyché suit la même courbe. 

L’ARBRE en tant qu’ARBRE DE VIE est aussi ARBRE DE CONSCIENCE. En chaque être humain, l’arbre est présent, plongeant ses racines dans ses abîmes intérieurs et ses ancêtres, et croissant vers sa destinée personnelle.

Les éléments y contribuent de multiples façons.

L’air est l’essence du souffle, de la respiration, cycle d’inspiration et d’expiration. Sans air, la vie se rétrécit, l’humain n’a plus de souffle, et agonise.

L’eau est la source où tout est né et d’où tout jaillit et se répand.

La terre est l’espace de la fertilisation, de la fécondation, de la germination. Elle prodigue nourriture et semence.

À l'heure actuelle, notre ARBRE DE VIE est menacé: il ne peut plus croître naturellement, sainement et de manière pérenne.

Il semble qu'il en est de même de la psyché et de la nature intérieure de l'homme. De sa conscience qui s'assoupit et dont l'éveil est de plus en plus malaisé.

Refuser la conscience de soi, c’est délester la vie de son sens, de son étincelle, de sa créativité - et de toutes les possibilités de croissance qui lui sont offertes.

Ainsi, les liens entre la nature intérieure et la nature extérieure ont été rompus; tout comme ceux qui relient les éléments naturels. Le souffle de l’inspiration est étouffé, la lumière de la vie éteinte. La terre, tarie, est réduite à une nuit obscure où règnent la peur, la violence et la déshumanisation.

 

LA VOIE DE L’ARBRE: ÉVEIL ET CROISSANCE DE LA CONSCIENCE

"La condition d'une vie harmonieuse est que l'on s'accepte entièrement et que l'on ne regrette rien, afin que tout soit mis en oeuvre pour la croissance de l'arbre." (CG Jung)

"... la meilleure méthode [d'éducation] est celle qui sait faire pousser un arbre de façon qu'il remplisse le plus parfaitement possible les conditions de croissance mises en lui par la nature." (CG Jung)

 

Forêt illuminée

 

La conscience est ce que l'homme a réussi à arracher à l’inconscient, dirait CG Jung. L'inconscient est cette matrice première d’où a émergé la vie psychique, la psyché et ses possibilités infinies.

L'homme qui prend conscience de lui ou qui avance sur le chemin de la "conscience de son Soi" - de la totalité de son être - est semblable à un homme qui, assis sur un banc, la nuit, sous les étoiles, à côté d'un réverbère dégageant une lumière vive, regarde autour de lui et voit de plus en plus clairement les éléments qui l'entourent. Non seulement, il voit ce qui est éclairé par le réverbère, mais également l'ombre de chaque élément.

L'homme conscient de lui est conscient de ce qu'il porte en lui d'inconnu, d'irrationnel, d'obscur, de dénaturé, voire de perverti, ainsi que de ses capacités à perpétrer le mal, la toute-puissance, la démesure... et à se perdre dans de sombres chemins de traverse. Fort de cette connaissance de lui, il devient responsable des aspects obscurs en lui, en les acceptant et les assumant, comme il le ferait d'un enfant immature à l'aube de sa croissance. Ce faisant, il se sent responsable des actes négatifs qu'il est susceptible de perpétrer dans le monde et de leurs effets destructeurs sur la nature. Et il se libère de la "tentation" de les perpétrer...

Par conséquent, il est de la plus grande nécessité et urgence que l’homme perpétue cette oeuvre d'élargissement de sa conscience personnelle, car cela est l’unique voie vers l’évolution de l’humanité et celle de la nature qui lui permet de vivre.

Dans le processus de vie, tout est relié. Nature et humanité. Si ces liens naturels sont brisés, ils sont remplacés par des liens artificiels et virtuels: sans humus, sans sève, sans germe, sans fécondité…

Seule, une conscience clairvoyante est susceptible d’être le levain d’une croissance humaine pérenne, équitable, juste et saine, respectueuse de la mystérieuse loi de la vie: la loi naturelle. Car tous, nous appartenons à la nature.

"Nous devons donner du temps à la nature de sorte qu'elle puisse être notre mère. J'ai trouvé ici le moyen de vivre comme une partie de la nature, à mon propre rythme." (CG Jung)

Or, notre époque manque cruellement de passerelles entre l’homme et son environnement. Et particulièrement de consciences éveillées. D’où les ruptures, fissures, déchirures dans la continuité de la vie, de la nature, de la terre, des éléments, des espèces. Et dans l’homme lui-même…

Arbres, eau, air, terre, nature et humanité sont en perte de leur potentiel de vie et de croissance: ils sont dépotentialisés. Aussi, est-il urgent de leur redonner leur potentiel: fertilité, fécondité, santé, ainsi que la faculté de se renouveler pour se nourrir et nourrir. Préserver la vie.

La conscience humaine éveillée est LEVAIN de fertilité, GERME de croissance, GRAINE de vie… 

Son éveil doit être à la fois individuel et collectif, pour contrer les multiples menaces qui pèsent sur la vie: pollution "globale" de l'environnement, inégalités qui se creusent indéfiniment, économie mondiale qui déséquilibre l’éco-système, agriculture soumise au profit qui altère la biodiversité, utilisation abusive de produits toxiques qui détruisent de plus en plus de formes de vie...

Une conscience éveillée est saine, intègre, juste. Vivante et créatrice, elle anime d’autres consciences qui, à leur tour, vont poursuivre cette oeuvre, dans une ronde ininterrompue...

 

… De passerelle en passerelle…

 

Passerelle embrasée

 

Alors, grâce à ces passerelles, quelque chose pourrait se développer, renaître... Quelque chose qui ressemblerait à la croissance de l’ARBRE, de l’arbre DE VIE...

Si l’arbre de vie croît, notre ARBRE INTÉRIEUR croîtra également. Si la nature se développe selon ses propres lois, son propre rythme, notre nature intérieure se développera de même et nous guidera vers le chemin de notre âme, de son élan créateur, et vers la réalisation de notre destinée.

Si l’homme est conscient de lui, il sera conscient de ses semblables, et de la terre qui les porte et les nourrit. Stimulé par cette responsabilité, il prendra soin de cette dernière et fera fructifier ses ressources et son abondance.

 

De la mondialisation

Pourquoi ne parler que de mondialisation économique, politique, financière, commerciale...? 

Et jamais de mondialisation HUMAINE? Alors même que l’HOMME-ARBRE est universel…

L’homme et sa psyché ne sont pas monnaies négligeables, comme on nous le laisse entendre trop souvent, par déni ou ignorance, voire par peur de ce qui se passe dans les profondeurs de la psyché. 

On parle de  "mondialisation" comme si elle était une entité abstraite fabriquée "ex nihilo", qui se soumet à des règles et lois d’où l’homme, dans sa singularité, est exclu, et où on lui dénie son unicité.

Dans cette "mondialisation", où se situe l’homme? Où souffle sa psyché? De quoi s'inspire-t-elle, égarée par cet embrouillamini d'informations "deshumaines" dont elle est en permanence accablée? Dans la multiplicité de concepts vides et creux qui la dominent, et ne génèrent en l'homme que mal-être, mal-vivre, non-sens, un malaise lui aussi "mondial"?

Si l’homme laissait advenir sa clairvoyance, il comprendrait que la "mondialisation" actuelle n’est qu’une perversion ou déviation de l’universalité de l’humanité, l’espèce à laquelle il appartient.

Que cette universalité est réelle depuis les premiers balbutiements de l’humain, qu’elle est toujours vivante en lui, agissante, et source d'une créativité à laquelle il peut puiser pour alimenter son élan créateur et ses créations.

 

L'embellie-Porte ouverte sur nuages-Magritte

 

Réveiller la psyché atrophiée ou asphyxiée? 

Le niveau de conscience d’une foule ou d’un groupe d’humains est nettement moins élevé que celui d’un homme seul, face à lui-même et au monde: celui-ci est plus libre des conditionnements et contagions de masse, libre d’une standardisation mortifère où lui et ses semblables sont interchangeables et doivent s’ajuster à l’espace qui leur est parcimonieusement concédé.

L’histoire de la mythologie grecque, "Les lits de Procuste", en est une brillante illustration. 

L’escroc Procuste était tenancier d’une auberge où tous les lits étaient de longueur égale. Aussi, contraignait-il ses clients à s’adapter à leur couche, coupant les jambes trop longues et étirant celles qui étaient trop courtes. Il fut implacablement puni par Zeus qui lui infligea la même torture que celle qu’il avait fait subir à ses hôtes.

La standardisation est une ATOMISATION destructrice pour l’homme, une perte d’identité, de repères. Une perte de sens…

"Le non-sens empêche la plénitude de la vie, disait CG Jung. Le sens rend beaucoup de choses, toutes peut-être, supportables."

Qu'advient-il d'une vie privée de son sens?

Une vie provisoire: abîme de peur, de précarité et de désespoir, avec en prime la "mort dans l’âme".

Le vieux philosophe, Héraclite, disait que "l'âme meurt si elle se transforme en eau." S'ensuit la "mort dans l'âme" de ceux que la vie a désertés.

Pouvons-nous perpétuer la vie dans un tel non-sens? Sans la joie d’exister? Sans l’exaltation de créer notre propre vie? Sans la plénitude de remplir notre mission personnelle dans le monde? Sans lien ressourçant et enrichissant avec notre environnement?

La réponse semble évidente.

D’où la nécessité d'ériger ces passerelles entre les hommes pour communiquer, échanger, transmettre, donner, recevoir, partager en toute intégrité, hors de toute forme de pouvoir, et de toute-puissance des uns au détriment des autres:

    - par une compréhension et une libération de la conscience personnelle, dépasser les idées sectaires et unilatérales qui ne prennent en compte qu’un aspect infime du sujet,

    - par le refus des idéologies, des "ismes", des modèles de pensée circonscrits, étriqués, et subtilement manipulés par des esprits aveuglés par la toute-puissance et l'inflation psychique,

    - par une pédagogie et une transmission justes et vraies, qui permettraient à chacun d’éveiller sa conscience, de traverser les passerelles qui le mèneront plus loin, le libérant des limites de ses conditionnements,

    - par des rencontres, des événements et oeuvres créatives...

Cela nécessite engagement, discernement, clairvoyance, intégrité: une conscience en éveil qui ne se laisse pas abuser par les chants de sirène de systèmes faux, pervertis et arbitraires. 

Nombreux sont ceux qui ont déjà fait leurs preuves. Il y eut des époques aussi graves et imminentes que la nôtre, des fins de cycle, des périodes d’incubation avant la naissance, où la conscience a régressé, s’est retournée vers le passé, de crainte des avancées et des changements inconnus.

Mais toujours, elle a fini par se détourner d'un passé révolu, pour reprendre la route du renouveau.

Toujours, la source de création et d’inspiration dans l’homme a rejailli librement, permettant à l’humanité de préserver ses dons créateurs, ceux dont CG Jung dit:

"Les dons supérieurs sont les plus beaux, mais aussi les plus dangereux fruits de l’arbre de l’humanité. Ils sont soutenus par de frêles branches faciles à briser."

Fragilité et vulnérabilité dont il faut rester conscient…

 

Femme à la chouette

 

Grâce au FÉMININ et à la FEMME également, la "muse" origine de l'inspiration créatrice, dont la relation avec la nature est intense, profonde, "naturelle": une source de complétude et d'unité qu'elle transmet par ces passages secrets et ineffables qui lui sont particuliers. 

Par une communion qui lui permet d'adoucir et de guérir les blessures qui marquent son âme, ses facultés créatrices, depuis des temps immémoriaux.

Par une telle communion, transfert imaginaire et symbolique sur la nature, la FEMME OU LE FÉMININ acquiert la faculté de puiser à l'énergie de celle-ci, à sa vitalité, à son rythme de croissance, à sa force de renouvellement et de création.

Par cette communion, sont abolies les apparences artificielles de la réalité, ce qui permet d'ouvrir un chemin vers une symbiose entre elle et la nature, un partage et un renforcement simultanés de leurs forces de vie.

Ainsi, est recréé le lien entre la nature et la psyché, et leur essence commune.

C'est ce qu'exprime cet extrait d'un poème de R.M. RILKE sur le mystère de la VOIE DE L'ARBRE:

"Si tu veux réussir à ce que vive un arbre

projette autour de lui cet espace intérieur qui réside en toi…

Ce n’est qu’en prenant forme

Dans ton renoncement qu’il devient réellement arbre."

 

 

UNE HISTOIRE SIMPLE SUR LA VOIE DE L'ARBRE (Patricia Kleiber)

 

Forêt enchantée

 

Il y avait une forêt infinie qui recouvrait la terre, emplie d’embûches et de dangers. Y abondaient d’inouïes surprises, des pièges maléfiques, des créatures monstrueuses. On y avançait en tâtonnant, car il faisait toujours nuit au coeur des immenses arbres broussailleux. Quelques rais de lumière baignaient les hauteurs, mais ne parvenaient jamais jusqu’à terre.

Sur les branches les plus hautes vivaient les humains les plus favorisés, ceux qui avaient les moyens de se réfugier dans leurs palais situés au faîte des arbres. Ils ne regardaient jamais ce qu’il se passait en bas. Les yeux levés vers le ciel, ils se contentaient de dérober à l’astre lumineux - le soleil - les rayons de lumière qu’il prodiguait aux sommets des arbres. Ces humains, tout en haut, n’étaient pas nombreux, mais ils se taillaient, dans les ramures majestueuses, la part du lion!

Plus bas, entre les hauteurs où se prélassait cette élite et les bas-fonds, vivaient d’autres hommes, au coeur des branchages. Ils s’accommodaient plus ou moins de leur condition ordinaire, même s’il n’avaient pas accès à la lumière du soleil. Ni à l’abondance et à la plénitude de la vie. Frileux et effrayés par leur existence sans saveur, attirés par les hauteurs, ils tentaient constamment de s’approcher des dieux qui y vivaient. Jamais, ils ne regardaient vers le bas. Cela les terrorisait car nombre d’entre eux venaient de la terre et craignaient d’y retomber. De préférence, ils tentaient de grimper sur quelque branche plus élevée, et de s’y agripper avec acharnement.

Enfin, tout en bas, se trouvaient les «bas-fonds». Un grand nombre d’hommes s'y terraient, si semblables les uns aux autres qu’il était difficile de les distinguer. C'étaient les invisibles, ceux qui avaient les pieds sur terre, ou même dans la terre, et se serraient dans les grottes, les fossés, les excavations, les creux… Ils consacraient leur temps à chercher la nourriture qui leur permettrait de subsister. On les appelait les misérables, car ils étaient courbés vers la terre pour y trouver les maigres fruits qu’ils pouvaient en tirer, les yeux baissés, n’ayant guère la force de les relever et de voir ce qu’il y avait au-dessus d’eux. Pourtant, comme ils en rêvaient, de ces hauteurs inaccessibles! Elles étaient l'unique fruit de leurs imaginations, de leurs fantaisies, de leurs espoirs. La seule nourriture qui leur permettait de rester vivants.

Ainsi passait le temps, invariable...

Jusqu'au jour où l'un d'eux disparut, mystérieusement, s'évanouissant dans la brume qui régnait dans les bas-fonds. Mais personne ne s’en soucia. 

Au fil du temps, d'autres disparurent. Ils furent de plus en plus nombreux à déserter la forêt qui ne les nourrissait pas. Les misérables commencèrent à s'en inquiéter et partirent à leur recherche. Cela dura longtemps. Mais ils ne se décourageaient pas, comme si cette quête donnait du sens à leur triste existence.

Enfin, un jour, ils les retrouvèrent comme par miracle, à la lisière de la forêt infinie. Certains étaient seuls, d’autres en petits groupes. Sans se concerter, ils s'étaient mis à exercer une activité étrange et incompréhensible à ceux qui les avaient retrouvés.

Ils défrichaient la terre envahie de broussaille, ils taillaient des chemins dans la forêt, ils élaguaient les buissons impénétrables. Ils vivaient en plein soleil, démunis certes mais rayonnants de leur oeuvre de déblayage qui leur prodiguait énergie et élan vital. 

Chacun d’eux, un jour, avait eu le désir de tailler dans la masse d’arbres et de sous-bois pour ouvrir un chemin à ses semblables. Chemin vers la lumière, vers les terres fertiles, vers l’abondance de la vie.

Ils étaient devenus des défricheurs et des passeurs de vie. Bien que peu nombreux, ils espéraient libérer les misérables de la malédiction de l’infinie forêt obscure. Et chaque jour, d'autres hommes des bas-fonds les rejoignaient pour oeuvrer avec eux.

C’est ainsi que le peuple des misérables, des bas-fonds, s’était engagé dans la transformation de la nature. Tout en défrichant, ils s’appropriaient de plus en plus de terres vierges, les semaient et récoltaient le fruit de leurs semailles.

Ils attiraient également les humains qui vivaient dans les branchages et voyaient au bas luire la terre fertilisée. Irrésistiblement, ils descendaient de leurs arbres et se joignaient à eux.

Hélas, ceux qui vivaient au sommet des arbres géants ne voyaient rien de ce qui survenait en bas. Ils ne regardaient que le ciel et les rais de lumière qui les atteignaient. Ils ne changeaient pas de place, ni d’habitudes, demeurant immobiles dans leurs palais. À demi-morts. 

Pendant ce temps, se poursuivait le défrichage à la lisière de la forêt et de plus en plus d’hommes descendaient des arbres pour s’associer à la fécondation de la terre. Ceux qui poursuivaient cette oeuvre vivaient à présent à la lumière du jour, jouissaient de la chaleur et de la lumière du soleil, faisaient naître les fruits de la terre. Et croissaient eux-mêmes.

Épilogue

La voie de l’arbre est la voie naturelle: celle qui laisse agir la nature intérieure et extérieure, qui s’abandonne à sa loi, croît à son rythme, permet aux racines de l'arbre de s’enfoncer et s’étendre dans la terre, et aux branches de s’élever vers le ciel; celle qui accepte les aléas du temps et de la vie, et donne des fruits substantiels et nourrissants pour le corps et l’âme.

Le fruit le plus fécond de l’arbre est la conscience qui, elle aussi, croît naturellement. Il suffit de se soumettre à son rythme personnel de maturation pour devenir humain, et se vivre soi-même dans sa totalité.

 

Rencontre avec l'arbre-homme

 

Pour conclure,

"Le bonheur, c’est peut-être la soumission à l’ordre naturel." (film "Déjeuner sur l’herbe", Jean Renoir)

 

Végétation mandala

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 09/11/2019