"Le sapin de Florio" - Conte de Noël

 

LE SAPIN DE FLORIO - CONTE DE NOËL

Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Florio. Cadet d’une famille nombreuse, il avait trois frères et trois sœurs. Avec leurs parents, ils vivaient dans un village aux alentours d’une forêt profonde. Chaque fin d’année, lorsque le soleil disparaissait derrière les nuages, et que le jour ressemblait à la nuit, les habitants du village faisaient de grands frais pour célébrer Noël. Et s’égayaient avec gaieté dans l’attente de cette fête merveilleuse.

 

Jeune garçon-FJNavez

Tous, sauf la famille de Florio. Elle était la plus pauvre du village. Bien trop pauvre pour s’acheter un sapin de Noël et de belles décorations, sans compter les cadeaux à déposer à son pied.

Cette année-là, Florio avait la mort dans l’âme. Il voyait les autres familles s’activer joyeusement pour les préparatifs de Noël. Et le soir, sur sa misérable paillasse, quand tout le monde était endormi, il pleurait en silence.

 

La veille de Noël, il fut si chagriné qu’il n’y tint plus. Sans faire plus de bruit qu’une fourmi, il se glissa hors de la chaumière. Le vent rude lui fouetta le visage. Mais cela lui importait peu. Il venait de prendre une grande décision: il allait se rendre dans la forêt pour y trouver un sapin. Il ne savait pas comment il rapporterait le sapin. Mais il le ferait. Il le promettait au ciel, au monde entier et à sa famille. Plein d’espoir, il se répétait tout bas: "Je finirai par un trouver un, même un tout petit, la forêt plus loin en est pleine. Mon père me l’a dit. Il faut juste marcher un peu et les chercher. J’y arriverai. Et nous aurons un beau Noël, nous aussi."

C’est ainsi que Florio pénétra dans la forêt d’un pas léger. Pourtant, au fond de lui, il avait très peur. C’était la première fois qu’il s’aventurait dans cette forêt dont on racontait tant de choses terribles. Ceux qui s’y étaient risqués n’en étaient jamais revenus. Et personne n’osait plus y aller. On interdisait aux enfants de dépasser les prés qui la bordaient, sous peine de punitions sévères. Mais Florio n’y pensait pas, tout à son idée de trouver un sapin.

 

Arbres sombres-Rousseau

La quête de Florio

En se frayant un passage parmi les arbres nus, il imaginait déjà comment il allait décorer son sapin. Au fil des années, il avait mis de côté tant de beaux objets et de décorations, grappillés çà et là dans le village à la fin de Noël, qu’il pourrait y accrocher. Même une ravissante étoile d’or qu’il avait dissimulée sous sa paillasse et contemplait parfois avec enchantement. Il imaginait l’étonnement de ses parents, leur fierté, leur joie. Et, voyant déjà le sapin tout illuminé, il marchait de plus en plus vite. Autour de lui, les arbres dressaient leurs branches tordues vers le ciel tout noir. La lune ne paraissait pas. Et, malgré la multitude d’étoiles qui clignotaient dans le ciel, cela n’en était pas plus rassurant.

Il s’enfonçait de plus en plus dans la forêt, suivant un étroit sentier matelassé de feuilles mortes. Il régnait un silence de plomb. Soudain, une nuée de corbeaux plus noirs que la nuit l’entoura, croassant de manière lugubre. Florio frissonna. Ces oiseaux de malheur ne présageaient rien de bon. C’était ce qu’il avait toujours entendu dire au sujet des corbeaux.

Il s’arrêta quelques instants, le souffle coupé. Les corbeaux s’envolèrent et disparurent au loin. Un peu rassuré, il parvint à poursuivre son chemin en tâtonnant pour ne pas se cogner à un arbre. Au fur et à mesure qu’il avançait, la forêt s’obscurcissait. Les cimes des arbres étaient plongées dans la brume et il ne les distinguait pas. Le ciel et les étoiles avaient disparu. Il avait l’impression de rêver, perdu dans un monde inconnu. Et l’angoisse le gagnait.

Il marcha ainsi quelques heures, restant toujours sur le même sentier. Il craignait de se perdre en s’en écartant. Et il commençait à se sentir terriblement découragé. Il aurait bien voulu s’arrêter pour se reposer. Mais il faisait trop froid, et la nuit était trop avancée. Il n’y avait pas le moindre sapin en vue. Rien que de grands squelettes, aux bras désarticulés, aux doigts crochus, aux cheveux raides.

"Il n’y a pas de sapin ici, gémit-il, les yeux emplis de larmes. Pas un seul sapin… J’ai dû mal comprendre. Et bientôt, le jour va se lever. Cette année encore, nous n’aurons pas de sapin pour Noël. Il n’y a vraiment rien dans cette horrible forêt! Rien!

- Comment! s’exclama soudain une voix joyeuse. Il n’y a rien dans cette forêt?! Et nous, nous ne sommes rien?"

Florio se retourna, la bouche ouverte. Terrifié par cette voix qui semblait venir de nulle part. Il leva les yeux, passa en revue les troncs et les branches des arbres. Mais il ne voyait rien.

"Ho hé… balbutia-t-il, qui a parlé? Est-ce qu’il y a quelqu’un ici? Répondez-moi, je vous en supplie.

- Regarde un peu vers ta gauche et tu me verras, lui répondit la voix du même ton joyeux."

Florio obéit et se tourna. À sa grande surprise, il y avait là, au centre d’une petite clairière, un chêne. Beau, très haut, harmonieux. Différent des autres arbres. Il avait encore toutes ses feuilles et brillait légèrement. Son tronc était si épais et ses branches si imposantes qu’elles s’élevaient vers le ciel comme des bras en signe d’offrande. Cloué sur place, Florio était bouche bée. Alors, le chêne bougea légèrement. Comme s’il se courbait devant lui. Florio aperçut alors sa branche principale ornée d’une abondante chevelure blanche. Au milieu, deux petits yeux malicieux le fixaient avec gaieté.

Rencontre avec le chêne

Troll monstrueux ve ge tal

"Mais… hoqueta le petit garçon, mais… Je n’ai jamais vu un arbre comme toi. Un arbre qui parle et qui a un visage. Qui es-tu, Monsieur l’arbre?

- C’est que tu n’es jamais venu jusqu’ici. Et personne dans ton village ne connaît cette forêt. C’est ici, mon enfant, que se trouve la frontière entre la forêt des hommes et la forêt magique.

- La forêt magique?

- Oui. La forêt magique. Personne ne la connaît et ceux qui y sont venus se sont perdus et n’en sont jamais ressortis, car elle est toujours plongée dans une obscurité totale. Cette forêt magique est périlleuse, pleine de dangers et de surprises. J’en suis le gardien. Et j’empêche ceux qui sont téméraires et imprudents d’y entrer. Comme toi, mon garçon. Tu devrais être chez toi par une nuit pareille. Que viens-tu donc faire ici?

- Je cherche un sapin pour Noël. Mes parents sont trop pauvres pour en acheter un. Et cette année, j’ai fait une promesse: trouver un sapin pour rendre ma famille heureuse.

- Qui t’a dit qu’il y avait des sapins dans cette forêt? Je n’en ai jamais vu. Tu ferais mieux de retourner chez toi le plus vite possible. Tes parents doivent être terriblement inquiets.

- Oh non, ils dorment paisiblement. Je suis parti sans faire de bruit. Je ne peux pas rentrer bredouille, après le long chemin que je viens de faire. Il me faut absolument un sapin. Je ne rentrerai pas avant d’en avoir trouvé un. Même si vous n’en avez jamais vu, il y en a peut-être plus loin.

- Tu es assurément le garçon le plus courageux et déterminé que j’aie jamais rencontré. Je te félicite. Et puisque tu tiens tant à réaliser ton rêve, je vais te donner quelque chose qui t’aidera à trouver ton chemin dans la forêt magique. Viens, approche."

Florio s’approcha du tronc épais du vieux chêne. Celui-ci se courba alors vers lui avec un craquement, et lui tendit une fine branche qui ressemblait à une baguette.

"Tiens, lui dit-il en souriant gentiment, prends cette petite branche. Elle te guidera à travers la forêt magique. Elle est lumineuse comme une lampe. De plus, elle te protégera contre les mauvais génies et les sorcières que tu pourrais rencontrer. Ils n’aiment pas la lumière.

- Oh… Merci beaucoup, grand chêne. Je n’oublierai jamais ce que tu as fait pour moi. À présent, je dois partir. Je te souhaite un joyeux Noël! Adieu! Adieu!

- Adieu, mon garçon, et surtout, fais bien attention à toi."

Sur ce, le chêne reprit son apparence initiale. Il se redressa et redevint immobile. Florio ne put s’empêcher de se demander s’il n’avait pas rêvé. Mais il sentait dans sa main la petite branche qui éclairait tout autour de lui. Il fit un petit signe de connivence au chêne et se détourna pour poursuivre son chemin. Il se sentait tout à fait rassuré. La lumière l’empêcherait de se perdre; il y voyait presque comme en plein jour.

La sorcière

Le cœur plein d’espoir, il entra dans la fameuse forêt magique. Il marchait d’un pas alerte lorsque brusquement il fut stoppé par un arbre tout tordu aux branches folles. Florio vit une main crochue se balancer au-dessus de lui et le menacer, comme si elle voulait l’attraper.

"Que viens-tu faire ici? s’écria une voix stridente. Tu en as un toupet! Tu ne sais donc pas où tu es?"

Effrayé, Florio dirigea la baguette de chêne vers l’endroit d’où venait la voix. Il découvrit avec horreur une sorte de sorcière, au visage fripé comme une vieille noix, au tronc bosselé et aux branches semblables à un nœud de vipères. Prenant son courage à deux mains, il répondit le plus calmement qu’il put:

"Je m’appelle Florio. J’habite dans le village de l’autre côté de la forêt et je suis venu ici pour chercher un sapin de Noël.

- Ha ha ha! gloussa la vilaine figure. Voyez-moi ça! Un sapin de Noël! Mais tu ne sais donc pas qu’il n’y a pas de sapin dans cette forêt magique, pleine de pièges et d’embûches? Et d’ailleurs, qui t’a donné cette baguette qui brille?

- C’est le vieux chêne à l’entrée de la forêt.

- Ah, je m’en doutais! Le vieux fou! Permettre à un enfant de pénétrer dans cette forêt! J’espère qu’il va bientôt mourir! D’ailleurs, il sera puni par le roi de la forêt magique. Je ne manquerai pas de l’informer de son inqualifiable conduite!"

Femme-arbre et enfant dans forêt

Les bouleaux

À ces mots, Florio voulut s’enfuir. Mais la sorcière lui barrait le passage de ses griffes menaçantes. Il fit un effort surhumain pour se dégager et s’échappa en courant le plus vite possible, se cognant aux arbres et aux branches qui l’éraflaient au passage. Son visage et ses bras étaient tout ensanglantés.

À bout de souffle, il s’effondra sur la terre humide et glaciale. Haletant et grelottant, il s’aperçut qu’il n’avait plus sa baguette. Il regarda anxieusement autour de lui, fouilla les buissons et les fourrés, retourna même un peu sur ses pas. Par malheur, la baguette avait bel et bien disparu. "J’ai dû la perdre en échappant à la sorcière et en courant, se dit-il, plein d’angoisse. Ou peut-être qu’elle me l’a volée. Que vais-je faire à présent? Que vais-je devenir dans cette horrible forêt? Sans lumière pour me guider."

Florio se mit à pleurer et à se lamenter à voix haute. Il se sentait si désespéré qu’il restait assis par terre, la tête sur les genoux, les bras ballants. Il lui semblait qu’il allait geler sur place et qu’il avait commis une sottise impardonnable. Alors qu’il sanglotait de plus belle, il entendit des murmures autour de lui, comme un essaim d’abeilles autour de sa tête. Relevant la tête, il vit qu’il était entouré de petits bouleaux. Leurs troncs fins étaient habillés de lierre et ils avaient de ravissants visages. Ils se tenaient pas leurs branches et formaient autour de lui une ronde, en lui souriant.

"Petit, que fais-tu ici? lui demanda l’un d’eux gentiment.

- Je suis venu chercher un sapin de Noël, répondit Florio en reniflant. Mais je crois que j’ai fait une grande bêtise. Je me suis perdu et il n’y a pas de sapin ici. Je n’aurai pas de sapin pour ma famille à Noël…

- Tu as raison, firent les bouleaux avec bienveillance. Il n’y a pas de sapin dans cette forêt. Nous n’en avons jamais vu. Il vaut mieux que tu retournes chez toi. Nous allons t’aider à retrouver ta route. Regarde à droite. Il y a un sentier presque invisible. Si tu le suis sans le quitter, il te conduira hors de la forêt magique. Et tu retrouveras ton village sans peine.

- Merci, merci, merci mes amis les bouleaux! s’exclama Florio plein de reconnaissance. Je vous remercie de votre gentillesse. Vous avez raison, je vais rentrer chez moi! Merci et adieu!"

Forêt fantastique

Le baobab

Ils se quittèrent avec de grandes manifestations d’amitié. Peu après, Florio suivait le sentier indiqué par les bouleaux. Il était résigné à retourner chez lui. Son aventure était vraiment trop dangereuse. Il ne pouvait pas la poursuivre. Tant pis, il devait en prendre son parti. Il n’y avait pas de sapin dans cette forêt. On le lui avait assez répété. Et lui-même n’en avait pas vu. Donc, mieux valait ne pas rajouter sa disparition à la situation déjà misérable de sa famille.

Lorsqu’il eut marché quelques instants en se répétant tout cela, il s’arrêta net, pensif. "Non! frémit-il en levant les yeux au ciel où il vit une étoile cligner. Décidément non! Je ne rentrerai pas bredouille. Je veux trouver un sapin de Noël."

Il était décidé coûte que coûte à trouver un sapin, quitte à errer toute la nuit dans ce labyrinthe d’arbres magiques. Et d’un pas plein d’allant, sifflotant un chant de Noël, il quitta le sentier et s’enfonça davantage dans la forêt. Il marchait au hasard et ne se posait plus la moindre question. Il n’y voyait goutte et trébuchait sur les épaisses racines des arbres qui saillaient sous ses pieds comme de gros serpents sinueux. Il était complètement gelé. Les racines devenaient de plus en plus longues, se divisant de tous côtés, se rencontrant puis se séparant à nouveau.

Florio trébuchait à chaque pas et avançait de plus en plus péniblement. À tel point qu’il dut s’arrêter. Impossible d’aller plus avant. Il allait tomber et ne pourrait plus se relever. Un vent glacial soufflait à travers les branches et les faisait plier dans des formes grotesques. Leur enchevêtrement formait autour de lui comme une immense toile d’araignée où il se sentait prisonnier. Suffoquant, il cria:

"Au secours! Au secours! À l’aide! Aidez-moi, je vous en supplie!

- Qu’est-ce qui se passe à terre? hurla une voix tonitruante. Qu’est-ce qu’il y a? Qui se permet ainsi de me réveiller de mon long sommeil d’hiver? Répondez ou je vous transforme en poussière!"

Terrorisé, Florio réussit à se mettre sur ses genoux et leva les yeux. Il vit devant lui un baobab géant dont la tête se perdait dans le ciel. Il était incapable de prononcer un mot, plein d’effroi. Après un instant interminable, il réussit à articuler quelques explications.

"Je vous en prie, Seigneur Baobab, ne me punissez pas. Je suis venu dans votre forêt chercher un sapin de Noël pour ma famille qui est trop pauvre pour en acheter un. Et je me suis perdu. Pardonnez-moi, mais j’ai du mal à respirer à cause de vos branches qui m’étouffent. Ne pourriez-vous pas relâcher un peu votre étreinte, Seigneur Baobab, s’il vous plaît?

- Comment? Que dis-tu? Relâcher mon étreinte! Mais sais-tu bien qui je suis, petit insolent? Sache que je suis le roi de cette forêt magique qui est sans fin. Personne n’y a jamais pénétré, sous peine de mort.

- Excusez-moi, Seigneur Baobab, je ne savais pas…"

Il mentit un peu, car il connaissait les histoires racontées au sujet de la forêt.

"Dis-moi, reprit le baobab d’un ton moins sévère. Ce sapin de Noël est-il donc si important pour toi pour que tu braves ainsi la mort?

- Oui… gémit Florio dans un sanglot. Toutes les familles de mon village en ont un, qu’elles décorent et illuminent pour la nuit de Noël. Les cadeaux sont déposés à son pied. Mais, le plus beau des cadeaux est le sapin lui-même. C’est un morceau de forêt qui entre dans la maison. Un arbre si beau, si riche, qui ne meurt jamais et garde toujours ses aiguilles. Quand on le décore, il éclaire toute la maison, comme un ciel étoilé.

- Ne serais-tu pas un peu poète, mon garçon? demanda le baobab avec une petite grimace qui pouvait passer pour un sourire. Écoute-moi bien. Jamais personne n’est venu jusqu’à moi et ne m’a réveillé un soir d’hiver. Cela mérite la mort. Mais, j’admire ton courage et ta générosité. Ce sont des qualités rares qui méritent une récompense. Aussi, je vais te libérer. Retourne sur ton sentier et poursuis ta route. Qui sait? Peut-être trouveras-tu ce que tu cherches. Mais prends garde! Si à l’aube tu n’as pas trouvé et si tu n’es pas sorti de la forêt magique, tu en resteras prisonnier éternellement et tu mourras. As-tu bien compris?

- Oui, Seigneur Baobab. Je vous remercie de tout cœur de me libérer. Je suivrai vos conseils. Adieu, et encore merci! répondit Florio avec soulagement en s’éloignant d’un pas rapide."

Arbre sans feuilles dans nuit

Le sapin

Il marcha longtemps sans rencontrer âme qui vive. Les arbres semblaient tous assoupis. Le ciel s’éclaircissait. Tout était voilé de brume. L’aube était proche. Et il n’avait toujours pas vu le moindre sapin. Florio était si exténué par sa longue marche et toutes ses aventures qu’il tomba au pied d’un arbre et éclata en sanglots violents.

"C’est fini! Tout est bien fini! Il faut que je me hâte de sortir de la forêt à présent, sinon je vais mourir. Mais à quoi bon? Je n’ai pas de sapin. Autant mourir ici, tout de suite…

- Qui parle de sapin?" tonna brusquement une voix énergique. 

Florio regarda autour de lui. Dans son épuisement, il ne s’était pas aperçu qu’il se trouvait au pied d’un sapin très haut, dont les branchages pendaient en guenilles autour de son corps décharné.

"Un sapin! Un sapin! J’ai trouvé un sapin! s’écria-t-il, fou de joie.

- Bien sûr que je suis un sapin! s’esclaffa celui-ci d’un ton débonnaire. Et même que je suis l’unique sapin de la forêt. Et toi, qui es-tu et que me veux-tu?

- Si tu savais depuis combien de temps je te cherche! Et tout ce qui m’est arrivé dans cette terrible forêt en te cherchant! Je voudrais t’emmener à la maison, pour que tu sois notre sapin de Noël, à ma famille et à moi. Nous sommes trop pauvres pour en acheter un, et c’est si triste, Noël, sans sapin…

- Mais… répondit le sapin d’une voix sifflante, ne vois-tu pas combien je suis décharné et combien mes vêtements sont en haillons. Je te ferai honte et je ferai honte à ta famille, tu ne crois pas?

- Oh non! Tu verras comme tu seras beau! Je te décorerai si bien qu’il n’y paraîtra plus. Et tu seras le plus beau sapin du village. Viens avec moi, je t’en supplie, sinon je vais mourir…"

Ému, le vieux sapin accepta de suivre Florio, ce petit garçon si déterminé et si vaillant. Ils partirent allègrement tous les deux et arrivèrent bientôt à la lisière de la forêt magique. Le vieux chêne était là, heureux de revoir le garçon sain et sauf. Florio s’arrêta pour le saluer et le remercier.

Sapin dans nuit bleue

Le soleil se levait lorsqu’ils arrivèrent en vue de la maison de Florio. Tout était silencieux. Tout le monde dormait encore. Comme le sapin était trop haut pour entrer dans la pauvre chaumière où vivait la famille de Florio, celui-ci l’installa dans le jardin et se mit à le décorer avec tout ce qu’il avait mis de côté.

Petit à petit, le sapin maigre et déguenillé devenait beau comme un roi. Ses parures garnies d’or et d’argent étincelaient et une couronne ornait sa tête. Il avait fière allure. C’était incontestablement le plus beau sapin du village.

 

Lorsque les parents et les frères et sœurs de Florio s’éveillèrent, ils sortirent sur le seuil de leur pauvre chaumière, clignant des yeux. Ils virent le sapin dans toute sa splendeur à côté de Florio, tout fier et heureux de le leur offrir. Ses parents serrèrent leur fils dans leurs bras. Tous pleuraient de joie et d’émotion.

Le soir venu, les habitants du village se rassemblèrent dans le jardin et chantèrent la gloire de Noël autour du merveilleux sapin de Florio. Et aujourd’hui encore, dans les veillées de Noël, on se raconte l’histoire de ce petit garçon qui a risqué sa vie dans la forêt magique pour y chercher un sapin.

 

Maison et sapin de noël-Thomas Kinkade

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