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Destin de femme: Initiatrice et souveraine - "La princesse-chatte"

Chatte Bastet Egypte

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA PRINCESSE-CHATTE" (conte roumain)

 

La "Princesse chatte" est un conte si extraordinaire et complexe qu’il contient des éléments qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

L’on y découvre le chemin initiatique du féminin blessé qui se réapproprie sa féminité et sa souveraineté, ainsi que la manière dont il se libère d’une situation catastrophique, à la fois intérieure et extérieure, et la réalisation de l’union entre l’homme et la femme, celle de l’unité entre deux royaumes problématiques. Enfin, un couple blessé et "handicapé" est libéré et sauvé.

Au début, deux royaumes différents et séparés se trouvent dans une situation qui ne mène nulle part. Is doivent se rencontrer et s’unir. 

Lorsqu’il y a deux royaumes dans un conte, cela signifie que quelque chose ne fonctionne pas dans le royaume principal. Une réunion de ces royaumes est donc nécessaire pour atteindre la complétude, car chacun compense un manque chez l’autre.

Sur le plan collectif, cette situation évoque une société divisée dont la conscience collective est dissociée. 

Depuis 2000 ans, l'Occident vit dans le mythe chrétien, fondé sur l’archétype du Christ. Mais au fil des siècles, ce royaume chrétien s’est morcelé et appauvri au détriment de la laïcité devenue notre principe dominant. En vertu de cette laïcité, et tout à fait paradoxalement, on accepte des mouvements spirituels sectaires qui manipulent et pervertissent la conscience.

D’une part, il existe des comportements qui dévalorisent et détruisent la femme (prostitution, pornographie, abus…), d’autre part, on rejette toute forme de spiritualité dans des domaines importants comme l’éducation. Cette situation ambivalente crée la confusion, la dissociation, le conflit, et la névrose collective.

Les deux royaumes de ce conte ont des problèmes complémentaires, mais c’est le féminin qui amorce l’action et se montre combattif et actif. Le féminin compense ainsi le patriarcat négatif en rétablissant un lien positif avec le masculin.

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Destin de femme: Le sacrifice de soi - "La femme aux mains coupées"

Femme dans nature-Camille Pissarro

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA FEMME AUX MAINS COUPÉES" (conte de Grimm)

 

Le conte de "La femme aux mains coupées" est le chemin de vie d’une femme dont l’enfance a été difficile et douloureuse. Cette femme doit se sacrifier pour éloigner la malédiction attirée sur elle par son père. Pour cela, elle accepte que son père lui coupe les mains. Puis, en effectuant un long parcours initiatique et spirituel, elle parvient enfin à guérir de sa blessure initiale et à accomplir sa destinée.  

Psychologiquement, ce sacrifice va s’avérer utile et positif: il va aider cette femme à affronter le complexe qui la possède, son masculin destructeur, et à se libérer de ses parents négatifs. 

Les concepts de Jung "animus" et "anima" représentent notre bisexualité psychique. 

L’animus représente la nature masculine de la femme et l’anima la nature féminine de l'homme. Il s'agit de deux archétypes qui demeurent souvent inconscients et influencent notre comportement sans que nous en ayons conscience, particulièrement notre comportement vis-à-vis du sexe opposé. 

Comme ils sont profondément enfouis en nous et influencés par l’histoire de l’humanité, ils relèvent d’abord de l’inconscient collectif. Si nous parvenons à les déceler en nous, ils nous permettent d’établir un lien enrichissant avec notre inconscient, en constituant une passerelle vers notre psyché profonde. 

Les aspects négatifs d’"animus" ou d’"anima" sont souvent dus à un problème issu des parents, du père ou de la mère.

Il en est ainsi dans ce conte, où le masculin/animus va agir contre l’héroïne une grande partie de sa vie.

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Destin de femme: Créer son propre monde - "La broderie"

Village tibétain-La broderie

 

ÉLÉMENTS D'ANALYSE DE "LA BRODERIE" (conte tibétain)

 

Il était une femme si pauvre qu’elle n’avait pas même de chèvre ou de jardin potager. Elle était veuve et vivait avec ses 3 fils dans une petite maison de pierres, au bout d’un village bourbeux, gris et rude. Un sentier grimpait parmi les cailloux et l’herbe était rare vers les neiges éternelles. C’était là son paysage familier.

 

Village pauvre-La broderie

 

La question fondamentale posée par ce conte est: comment une femme peut-elle réaliser son rêve le plus profond, son aspiration la plus intense, et trouver sa place dans le monde?

Il traite donc de la créativité de la femme, celle qui lui permet de s’incarner dans la réalité. La femme créative réalise son propre univers en dépassant en elle le conflit entre monde intérieur et monde extérieur qui entrave souvent sa destinée. 

Dans ce conte, le processus créateur donne lieu à une transformation profonde de la femme, et une découverte de sa mission, de sa place, de son lieu. C’est en utilisant ses forces masculines qu’elle se réalise.

Ce conte n’a rien de spécifiquement tibétain, si ce n’est un élément en lien avec le cheval. Il ressemble aux contes occidentaux et a une structure initiatique classique, comprenant des épreuves et des figures surnaturelles.

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