couple

  • "Violaine et Aldwali" - Conte de "belle et bête"

     

    VIOLAINE ET ALDWALI - CONTE DE BELLE ET BÊTE

    Il y avait au fond d’une vaste forêt une grotte découpée dans un rocher. Là résidait depuis fort longtemps un monstre - du moins c’est ainsi qu’on le désignait. Il se terrait le jour et sortait la nuit, lorsque la lune était noire. On lui avait donné le nom d’Aldwali, et l’on racontait qu’un sort lui avait été jeté par un méchant gnome appelé Croclit qui régnait sur la forêt. C’est la raison pour laquelle il ne pouvait voir la lumière du jour ni celle de la lune lorsqu’elle brillait, sous peine de mort.

     

    Visage d'homme dans arbre

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  • Enigme du couple: Union de contraires - "Les ailes du désir"

    La fusion

     

    ÉLÉMENTS D’ANALYSE DES "AILES DU DÉSIR" (d’après le film de Wim Wenders, inspiré par Peter Handke)

     

    Ce film illustre une remarquable union de contraires: celle d’un ange et d’une humaine, deux dimensions totalement opposées, la dimension humaine et la dimension divine. En général, c’est l’humain qui aspire à la spiritualité. Ici c’est le divin qui aspire à s’incarner et à s’humaniser. 

    Les courants philosophiques et spirituels des débuts du Christianisme considèrent que Dieu veut s’incarner dans l’être humain. Les mystiques aussi pensent que Dieu a besoin de l’homme et de sa conscience pour se manifester.

    En effet, Dieu n’a-t-il pas besoin que nous prenions conscience de lui pour être? 

    Dans ce film, l’ange veut devenir humain: il désire vivement se manifester, s’incarner dans la matière. Mais pour cela, il doit subir une profonde transformation.

    Ce film - de même que le poème de P. Handke qui l’a inspiré - est donc l’histoire d’une rencontre entre une femme incarnée et un ange désincarné: il se déroule à Berlin, lorsque la ville était divisée par le mur.

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  • Enigme du couple: Femme disparue à jamais - "La fée Mélusine"

    Couple autour de fontaine

     

    ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA FÉE MÉLUSINE" (conte français, d’après le roman de Jean d’Arras)

     

    La fée Mélusine est un conte qui appartient au folklore français. Il traite de la femme, de sa nature profonde, son ambivalence, ses mystères, et du regard masculin négatif qui peut avoir des conséquences néfastes pour elle. 

    La fée Mélusine est moitié humaine moitié animale: c’est une figure universelle et nombreuses sont les "Mélusines". La plus ancienne est indienne et s’appelle Urvaçi.

    Ce sont souvent des femmes-cygnes, des femmes-serpentes, des femmes-sirènes. À partir du 12è siècle, les "Mélusines" se multiplient en Occident et en France, notamment avec la légende du château de Lusignan dans le Poitou. Très souvent, une lignée noble se trouvait une "origine surnaturelle" pour asseoir sa légitimité et son pouvoir. 

    Paracelse, le célèbre médecin alchimiste, parle des "Mélusines" de manière très négative. Il prétend qu’elles ne peuvent être sauvées qu’en devenant des femmes "convenables et normales", c’est-à-dire en se mariant.

    Il partage la conception de la "femme convenable" exigée par la société patriarcale, qui a eu les effets que nous connaissons: exactions commises sur les femmes, "sorcières" brûlées...

    Le nom de "Mélusine"  est peut-être en lien avec la "mère Lusine" ou "mère Lucine", la Mater Lucina qui préside aux accouchement. "Lucine" fait se lever le jour et la lumière. Son nom vient de "lux", "lumière". Sans conteste, Mélusine est apparentée aux anciennes déesses-mères.

    Ces figures féminines animalisées ont été combattues durant des siècles. En réalité, les hommes luttaient ainsi contre leur peur de la femme, de sa domination sur eux et des aspects d'elles qui leur échappaient. 

    Cette légende de la Fée Mélusine naît donc dans un contexte où l’image de la femme est très dévalorisée sous l’influence du christianisme, et où les fées elles-mêmes ont été diabolisées et considérées comme des sorcières.

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  • Enigme du couple: Couple idéal et désincarné - "Eros et Psyché"

    Eros et Psyché-Raphaël

     

    ÉLÉMENTS D’ANALYSE D'"ÉROS ET PSYCHÉ" (extrait de "L’âne d’or" d’Apulée)

     

    Ce conte est extrait d’un ouvrage important, "L’âne d’or ou les métamorphoses", d’un l’auteur romain du 2è siècle après J.C., Apulée.

    Initié aux Mystères d’Éleusis, Apulée a participé aux cultes à mystères. "L’âne d’or" en est imprégné. Il s’agit d’un ouvrage complexe sur le voyage initiatique du héros Lucius. De nombreuses histoires parallèles illustrent le récit principal, dont le conte "Éros et Psyché" qui apparaît au moment précis où Lucius vit une histoire d’amour avec une femme. 

    Ce conte illustre à la fois la psychologie de la femme et de l’homme, et celle du couple: le masculin chez la femme, le féminin chez l’homme, l’ombre féminine sous la forme des soeurs de Psyché, la relation mère-fils figurée par Vénus et Éros. 

    On peut le considérer comme une version très ancienne de "La belle et la bête", mais avec des différences significatives, notamment dans le parcours de l’héroïne et l’intervention de la mère du héros.

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  • Enigme du couple: Reconnaître l'homme maudit - "La belle et la bête"

    Femme sculpture bête dans nuit

     

    ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA BELLE ET LA BÊTE" (d’après le conte de Mme de Villeneuve)

     

    La "Belle et la Bête" illustre remarquablement la rencontre avec l’autre, l’altérité, la différence, ainsi que la rédemption mutuelle du couple, après une longue maturation de l’un et de l’autre. La Belle et la Bête ont des problèmes similaires qu’ils doivent conscientiser et assumer avant de pouvoir s’unir. C’est pourquoi ils ont besoin l’un de l’autre.

    La version de Mme de Villeneuve, publiée en 1740, est la plus complète, la plus passionnante et la plus riche, car elle raconte l’enfance de la Bête avec discernement et justesse. Elle élabore une origine psychologiquement cohérente de la malédiction de la Bête. 

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  • Enigme du couple: Libération de l'homme-lion - "L'alouette chanteuse et sauteuse"

    Femme et colombe dans l'obscurité

     

    ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "L’ALOUETTE CHANTEUSE ET SAUTEUSE" (conte de Grimm)

     

    Il existe de nombreuses variantes plus ou moins complexes et originales du conte "La belle et la bête": celui-ci en est une. 

    La rencontre entre des couples opposés comme "la belle" et "la bête" est un thème universel, remontant à la mythologie antique.

    Ces contes posent le problème du couple et de l’union entre le féminin et le masculin. Mais contrairement à la "Belle" de la version classique de base qui se contente d’accepter la "Bête" de manière passive, les femmes des autres versions sont plus actives et combattives, ayant déjà intégré un masculin positif. 

    Cela leur permet d’aider l’homme animalisé à se libérer et à trouver son identité masculine perdue ou pervertie à la suite d’une malédiction. Elles sont pour l’homme des femmes-guides autonomes et libératrices.

    Précisons que chaque conte met en exergue une situation singulière: chaque solution, chaque parcours de délivrance et chaque dénouement y est unique.

    C’est cette singularité qui permet de déceler dans chaque conte une destinée propre, ou le symbole d’un être humain unique, avec sa psyché personnelle, ses problèmes, ses conflits, ses manques et son aspiration à se réaliser.

    Malgré leur essence archétypique et universelle, les contes nous révèlent le moyen de nous libérer et nous réaliser dans des circonstances particulières. Car ils constituent une sorte de réservoir infini où l’on peut puiser une intelligence profonde de la vie, la manière juste d’agir pour résoudre un problème ou affronter une épreuve précise. 

    Dans le conte "L’alouette chanteuse et sauteuse", la "Belle" ne doit pas se contenter d’accepter et d’aimer "la Bête" et de se détacher de son père. Elle doit de surcroît s’engager dans un chemin initiatique semé d’embûches pour retrouver l’homme qu’elle aime et le libérer définitivement, un chemin qui va la mener très loin et très haut.

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